L’Astragale [65km – 2400D+]

L’Astragale [65km – 2400D+]

L’Hivernale des Templiers est une nouveauté de l’année 2017 dans le monde du trail. Organisée par Eldorun (qui organise notamment le Festival des Templiers), il s’agit en fait de 5 courses allant de 7 (pour les Illuminés) à 65 km (pour l’Astragale).

Objectif de l’année, l’Astragale était aussi l’occasion de faire un weekend entre amis, au sud de Millau, à Roquefort-sur-Soulzon pour être exact. Cependant, nous nous alignerons sur des courses différentes: Gérald et Thomas seront sur les Illuminés et le Marathon de l’Orchis; Laurent, Nicolas et moi sur l’Astragale.

Gérald et Thomas sont les premiers à se lancer, la course rando des Illuminés ayant lieu le samedi soir. Ils l’aborderont toutefois en mode course et finiront 3ème ex-aequo. Pendant ce temps, Laurent, Nicolas et moi allons prendre possession du gîte (qui s’avérera une aventure à part entière, mais cela est une autre histoire…). Nous préparons nos sacs pour le lendemain, nous organisons pour le matin (le départ étant prévu aux aurores) et dînons. Lorsque Gérald et Thomas arrivent au gîte, nous sommes prêt à nous coucher !

Le réveil est matinal, mais moins qu’initialement prévu, nous avons échangé la navette matinale par un balai de voiture nocturne, ce qui nous a permis de gagner une heure de sommeil ! En arrivant à la Couvertoirade, il fait un temps glacial. La veille, la météo prévoyait un maximal ressenti dans la journée à -8°C et de -12°C à l’heure du départ, ce qui semble se confirmer.

Le départ est donné de nuit sur Antisocial de Trust (que Nicolas a reconnu dès les premières notes). Nous commençons par faire un tour de la Couvertoirade avant de quitter cette cité médiévale pour des sentiers (ver)glacés. La farandole de lumière est jolie et me fait immédiatement penser à celle de la SaintExpress, quoique bien plus courte. Vers le 2ème kilomètre, j’essaie de boire une gorgée mais je n’y arrive pas. Je pense que le tuyau est mal clipsé, qu’il y a une bulle d’air… mais au final, il s’avéra simplement gelé. Impossible donc de boire. Au fil des kilomètres, je m’aperçois que je ne suis pas le seul avec ce problème ! Arrivé au premier point d’eau, j’hésite à abandonner, me disant que je n’arriverai jamais au bout sans pouvoir boire. Je me dis qu’en mettant le camelback sous ma veste, ça réussira peut-être à dégeler. Je me dis que cela vaut le coup d’essayer et que le prochain ravito n’est pas si loin (il est au 23ème kilomètre).

Je repars donc tranquillement en ayant l’impression d’être une tortue ! Tout du moins, c’est à ce que je dois ressembler avec ma veste verte et la bosse qu’elle forme à cause de mon sac. Les kilomètres suivants se passent mieux. La poche à eau et la pipette finissent même par dégeler et à avoir une température raisonnable. Mentalement, c’est quand même assez dur notamment à cause du froid, des sentiers glissants et du temps que m’a fait perdre le problème de poche à eau. Le ravito à portée de vue depuis une crête, je passe à côté d’un Réunionnais vivant à Carcassonne (à moins que ce ne soit l’inverse ?) avec qui je finis par parler et qui finit par me dire « T’inquiètes man, on est tous dans la même galère ! ». Ça me fait tout de suite penser à Rasta Rocket et me redonne du moral instantanément, comme quoi, il en faut peu des fois. L’idée d’abandonner au 23ème disparait définitivement. Je finirai !

Le ravito permet de me réchauffer un peu, la soupe instantanée est toujours aussi bonne et le pain énergétique copieux. En sortant, je me suis refait une santé. La suite ne sera certes pas rapide mais tout ira bien. Il fait froid (la théorie des trois couches fait des miracles) mais le soleil est là. J’ai tendance à plus doubler qu’à me faire doubler; il faut garder en tête que je suis plutôt vers la fin des coureurs… On passe par des coins vraiment sympa, notamment quelques crêtes et des cirques. Dommage, on ne passera à côté du rocher pédonculaire ou Rocher de Roucangel, symbole de la course (ou alors, j’était trop concentré pour le voir !). Au 58ème kilomètre, un bénévole m’annonce un « courage, plus que 7 kilomètres ». Je regarde ma montre qui me confirme que nous sommes aux environs du 58ème kilomètre et que nous avons déjà fait 1900D+. La course sera donc plus longue et moins plate que prévue (nota: elle était donnée pour 62km/1900D+). L’avant-dernière descente, sur Tournemire, est assez difficile car je m’attendais à ce que ce soit la dernière ! Mais sinon, elle passe bien. La dernière difficulté est la montée du Combalou… et surtout la descente vers Roquefort. La nuit est tombée, j’ai été obligé de ressortir la frontale et cette descente est extrêmement verglacée. Je m’y ferai quelques frayeurs, ça aurait été dommage d’abandonner si près de l’arrivée. La traversée de Roquefort est sympa. Beaucoup d’escaliers, la traversée de caves à roquefort (le fromage). Par contre, je n’ai pas compris l’intérêt de nous faire descendre tout en bas de la ville dans un endroit goudronné sans intérêt… Un dernier passage dans un petit bois et voilà l’arrivée, située dans la salle des fêtes de Roquefort. Petit clin d’oeil de l’histoire, j’arrive sur la musique d’AC/DC  Highway to Hell, sur laquelle j’ai commencé les 3 derniers NoctiRaid.

Je passe sous l’arche d’arrivée après 11h14min de course, ce qui est plutôt correct pour moi compte tenu de la distance et de la température polaire tout au long de la journée. On me remet la médaille de finisher (spéciale à la course) et un plateau en bois pyrogravé (commun à toutes les courses). Je regrette juste de ne pas recevoir un t-shirt de finisher, comme j’en avais reçu un pour l’Intégrale des Causses. Laurent est là pour m’accueillir (et me filmer) et me raccompagner au gite, histoire de prendre une douche. Nicolas, qui m’a mis une grosse heure dans la vue, repartira directement sur Lyon. Au final, nous finirons la journée sur les bords de la Méditerranée, à Sète.

L’arche d’arrivée

L’organisation de la course était au top, les bénévoles souriants et sympathiques (merci à eux !).

Déjà un mois… Le temps passe vite et les articles ont tendance à s’accumuler dans les brouillons… Promis, le compte-rendu sur le Raid Otis finira par arriver un jour !

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  1. Pingback: Trail des Flambeaux [18km – 400D+] – @Shuseth

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