Marathon des Causses 2014 [38km – 1400D+]

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Festival des Templiers

Ce weekend avait lieu le Festival des Templiers, haut lieu de la culture trail en France depuis 20 ans. C’était pour moi l’occasion de quitter la grisaille parisienne pour le ciel bleu aveyronnais et de passer un weekend en famille et entre amis.

Vendredi

Il y a quelques semaines, j’ai découvert qu’un collègue de boulot, Julien, participait aussi aux Templiers. Je lui avais donc proposé de covoiturer jusqu’à Millau histoire de réduire les frais liés au déplacement. Il nous a donc rejoins à Versailles-Chantiers tôt, histoire d’éviter un maximum les embouteillages parisiens. Direction le sud.

La route se passe bien. Les amis qui doivent nous rejoindre sur place étant en retard, cela nous laisse le temps de profiter un peu de la gastronomie auvergnate du côté de Saint-Flour.

Une fois rassasiés, nous reprenons la route pour notre destination finale: Millau.

Une fois sur place, difficile de ne pas trouver son chemin. Le balisage omniprésent nous conduit donc au retrait des dossards, qui fait aussi office de salon du trail. Une fois les dossards retirés, nous traversons le salon du trail. Beaucoup de représentants de courses (histoire d’alimenter le planning 2015, mais nous y reviendrons prochainement) mais peu de matos exposé, sauf au stand Adidas; je reste un peu sur ma faim de ce côté-là (même si je n’avais rien prévu d’acheter). A la sortie du village-expo, nous récupérons nos goodies. Pour ma part: Marathon des Causses, ce sera un Buff et un calendrier; pour Julien, participant du Grand Trail des Templiers, cela sera un Buff et un livre de photos.

Welcome Templiers
Welcome Templiers

C’est l’heure pour nous de nous séparer, Julien rejoignant d’autres amis et nous aussi. Direction donc le gite qui est à 2 pas du Festival des Templiers. Juste le temps de faire 2-3 courses au passage et nous rejoignons nos amis, dont Arnaud courra le Grand Trail des Templiers lui aussi.

Un bon plat de pâtes le soir, histoire de faire le métier et direction le dodo. La journée a été longue et demain, il y a un qui court.

Le Viaduc de Millau vu du gîte
Le Viaduc de Millau vu du gîte

Samedi

Réveil tranquille, la course commence à 13h15. La matinée passe sans trop s’en rendre compte. Un plat de pâtes (encore) histoire de ne pas mourir de faim dans l’après-midi et je file préparer mon sac. Puis direction le départ. Arnaud en profite pour aller chercher son dossard.

En attendant le départ, je croise les amis du TTT. On parle de la pluie et du beau temps mais surtout de trail. Je rejoins ensuite le sas de départ avec ceux du team qui courent la course. Sylvain a un objectif trop optimiste pour moi; JP a des prétentions plus à ma portée. On décide donc de faire la course, ou tout du moins une partie, ensemble.

Peu avant 13h15, notre Chauchau national fait son show en attendant de donner le départ.

A 13h15, la musique d’Ameno d’Era retentit. C’est le départ.

Le duo de choc après 1 km
Le duo de choc après 1 km

Comme souvent, on franchit la ligne de départ au ralenti. Pas loin de 2 minutes pour franchir la ligne de départ vu qu’on est dans les derniers. 1 km après le départ, on aperçoit François le Templier qui en profite pour nous immortaliser. Après 2 km de route, les choses sérieuses commencent. D’abord une légère bosse (100D+ sur 1,5km) puis la vraie montée (300D+ sur 1,3km). Les bâtons, soigneusement rangés sur mon sac, me font de l’oeil mais interdiction de les utiliser avant le 6ème kilomètre. On en profite pour doubler, lentement mais sûrement.Une fois sur la Causse, on essaye de s’imposer un rythme rapide mais pas trop.

Au 7ème kilomètre, première descente. Jpeg lâche les chevaux. J’ai un peu plus de mal… mais on se retrouve sans soucis en bas. Je me force à boire régulièrement mais je tarde à prendre mon premier gel, je ne sais pourquoi. A peine arrivés en bas, une nouvelle bosse s’ouvre à nous. Nous grapillons toujours des places, ce qui est sympa pour le moral.

Arrivés en haut de la 2ème bosse (200D+ sur 1 km), nous longeons les crêtes de la Causse. La vue est vraiment sympa mais pas le temps de faire du tourisme. La chrono tourne ! Juste après avoir dit qu’il fallait faire attention car le terrain était piégeux, je sens un courant d’air sur le mollet. Je me retourne et vois JP sur le ventre en train de glisser. Heureusement, pas de bobo pour lui. Bientôt 2h que nous sommes partis, nous en profitons pour une pause ravito. N’ayant pas envie de sucré, j’opte pour la barre salée d’Overstim goût ‘cahouettes.

J’ai un peu de difficulté à me remettre en route mais ça passe. Le single sur lequel on passe est vraiment top, même s’il est difficile de doubler (ou de se faire doubler). Avec JP, on se fait des relais. C’est vraiment top.

Nouvelle descente et je revois JP filer devant moi. Il m’attend en bas en parlant avec les bénévoles. Quelques secondes plus tard (enfin je crois), je le rejoins et nous repartons vers une nouvelle bosse. Les bâtons servent bien. Je peine un peu sur le faux-plat en haut de cette troisième bosse. JP m’attend de plus en plus, je sens que je ne vais plus arriver à le suivre longtemps.

Après le 1er check-point, je perds JP et je commence ma traversée du désert. Les jambes ne tournent plus. Je me force à ne pas m’arrêter et j’alterne course à pied et marche. Les kilomètres passent très doucement. J’arrive à relancer.

Après quelques minutes, j’aperçois un coureur assis sur le bas-côté. Je m’arrête pour lui demander si tout va bien et lui propose un gel. Il me demande si le point d’eau est encore loin. A la vue de la distance indiquée par ma montre, je lui dis qu’il reste moins de 4km. Il me dit qu’il va essayer d’arriver à ce point pour arrêter. A la vue de son état, ça devrait le faire. Je repars et essaye de reprendre le même rythme qu’avant l’arrêt.

Un pas après l’autre, j’enchaine les hectomètres puis les kilomètres. Je me fais doubler par les premiers du Trail VO2. Arriver au ravito point d’eau, je prends deux verres d’eau, un peu de pain d’épices et je repars (remarque, il n’y a pas grand chose d’autre). Je regarde ma montre. Elle indique un peu moins de 25km. Pas déconnant donc.

Je me fixe pour objectif le prochain « vrai » ravito. A peine sorti, j’aperçois une femme tombée sur la tête, je fais demi-tour pour aller chercher les secours mais j’ai été devancé. J’aperçois les secours qui arrivent et la femme est bien encadrée. Je me dis qu’il ne sert à rien que je reste et je continue donc mon chemin.

Le single qui suit est tout simplement un régal mais très technique (350D- sur 2km). Je regarde ma montre et me dit que je vais devoir jour avec la barrière horaire… Encore une fois, à peine arrivé en bas des gorges qu’il faut déjà remonter. Les bénévoles nous indique qu’il s’agit de la dernière difficulté et que la ferme de la Cade (le ravito) est juste en haut. Enfin, après 350D+ sur 2km… La montée est difficile et emprunte un single. Quasi-impossible de doubler. A chaque épingle, on aperçoit un coureur au sol dans un état plus ou moins bon…

Arrivés en haut, on nous dit que la ferme de la Cade est à 2 km. Par contre, tous les gps des concurrents indiquent plus ou moins 29km… D’un coup, le ravito bien de s’éloigner. La barrière horaire s’est, elle, beaucoup rapprochée. J’ai, à ce moment, une sorte de second souffle. Au même moment, un groupe accélère. J’en profite pour prendre la roue chaussure.

Les spectateurs nous disent que le ravito est proche. Nous doublons un concurrent sur un brancard tiré par les pompiers. Pas le temps de s’attarder dessus… « Plus que 200m. Pour de vrai ». Le ravito est là, MAIS …

Trois concurrents sont devant l’entrée en train de discuter avec un bénévole visiblement en colère. Une des concurrentes est en pleurs. Mauvais signe. J’en suis à 5h21 de course…

Fiche de contact obligatoire
Fiche de contact obligatoire

Le bénévole « en chef » est agressif. Juste après avoir arraché et déchiré le dossard d’un des concurrents devant moi. Un discours du type s’en suit:

– L’heure, c’est l’heure, le règlement que vous avez accepté dit barrière horaire 18h30

– Oui MAIS  la barrière horaire est indiquée à 29,5km pas 31 !! En trail, 1,5km, ça fait vite 10-15 minutes…

– C’est pour votre sécurité, il va faire nuit !

– Oui MAIS nous avons des lampes frontales, c’était obligatoire si nous pensions arrivés de nuit…

– De toute façon, c’est comme ça. Robert (ou tout autre prénom que mon cerveau a refusé de retenir), va débaliser la sortie comme ça personne ne forcera son passage…

Après avoir mangé 3 Tuc et but deux verres de coca, je sors pour attendre la navette. J’entends le conducteur dire à son chef qu’il va falloir envoyer un bus car la navette (de 15 personnes environ) ne suffira pas. Enfin, il va surtout falloir en trouver un car aucun bus n’est prévu… Je pense qu’il va falloir 2 rotations de bus pour ramener tout le monde à Millau.

Coup de chance, la concurrente à ma gauche et son supporter (finisher de l’endurance trail la veille) me proposent de me ramener sur Millau (et de ne pas attendre dans le froid). J’accepte volontiers. En redescendant, nous croisons des concurrents plus chanceux qui ont pu passer la Cade. Certains n’ont pas de frontale et il commence sérieusement à faire nuit. On a laissé passer des concurrents sans frontale Monsieur le voleur de dossard en chef ??

On me dépose finalement à quelques pas du parking où je rejoins amis et famille.

Bilan

Forcément mitigé… Dommage de ne pas avoir passé la Cade pour une poignée de minutes. En regardant les temps de passage sur livetrail, je vois que les derniers ont réussi à passer après 5h18 de course (soit 3 minutes avant moi !). Je n’en viens pas à regretter d’avoir aidé des personnes plus mal en point que moi, mais c’est pas bien récompensé tout ça… De plus, les années précédentes, la barrière horaire était de 5h30-5h45 suivant les éditions sauf cette année…

D’un autre côté, c’est un super weekend en famille. Le temps était idéal. Une sorte d’été indien avant de rentrer dans l’hiver parisien. Une chose est sure, j’ai déjà envie de re-signer pour un nouveau maratrail pour en finir cette fois-ci…

2 Comments

  1. Pingback: @Shuseth » Une station de trail en IdF !

  2. Pingback: @Shuseth » Marathon des Causses 2015…

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